Remarqué par l'abbé de La Mésangère, il débute en publiant dans le Journal des dames et des modes avant de collaborer avec La Mode et d'autres journaux prestigieux comme L'Artiste, L'Illustration et son équivalent espagnol La Ilustración. Ses lithographies pleine page dans Le Charivari sont reconnues comme des œuvres majeures de l'art graphique français.
Dans les années 1840, il participe à l'illustration de l'ouvrage "Les Français peints par eux-mêmes" de Léon Curmer et collabore avec Grandville aux publications de Pierre-Jules Hetzel, notamment "Le Diable à Paris", réunissant des textes de Balzac, George Sand et Charles Nodier. Il est également l'auteur d'un recueil littéraire unique, "Les Douze mois", publié en 1869.
Sa reconnaissance officielle se concrétise en 1852 avec sa nomination comme chevalier de la Légion d'honneur. Connu pour ses séries lithographiques emblématiques comme "Les Enfants terribles" et "Fourberies de femmes", il développe une spécialité dans l'illustration du Carnaval de Paris, dont il disait avec ironie : "Le carnaval ! ça n'existe pas, c'est moi qui l'ai inventé à raison de cinquante francs le dessin !"
Sa vie parisienne l'amène à résider dans divers quartiers, notamment Montmartre et rue Saint-Lazare, avec un épisode difficile en 1835-1836 où il passe un an à la prison pour dettes de la rue de Clichy. Très lié aux frères Goncourt qui l'admiraient, il s'éteint en novembre 1866 au 29 rue Chardon-Lagache, quelques mois après la mort tragique de son plus jeune fils Jean, âgé de 10 ans. Père du peintre Pierre Gavarni (1846-1932), il est inhumé au cimetière d'Auteuil, laissant un témoignage précieux de la société parisienne de son époque.