Issu d'une famille modeste - son père Pierre-Antoine est menuisier - Joseph-Louis-Hippolyte suit ses études au lycée impérial Bonaparte avant d'être placé dans une maison de commerce. En 1816, il rejoint l'atelier d'Antoine-Jean Gros où il côtoie de futurs maîtres de la peinture romantique.
Sa rencontre avec Nicolas-Toussaint Charlet s'avère décisive : partageant une passion commune pour Théodore Géricault, il découvre la lithographie, technique alors révolutionnaire. De 1823 à 1835, il publie 15 albums lithographiques sur des sujets militaires et patriotiques qui établissent sa réputation populaire.
Ses débuts au Salon en 1822 sont couronnés d'une médaille de seconde classe en 1824. Son chef-d'œuvre "Napoléon au retour de l'île d'Elbe" (1834) marque sa consécration officielle et lui ouvre les commandes prestigieuses. L'œuvre, largement diffusée par ses propres gravures et lithographies, consolide sa position de spécialiste de l'art militaire.
En 1837, il s'installe à Rouen comme conservateur du musée, période d'enrichissement provincial avant son retour parisien en 1853. Sous le Second Empire, il documente les nouveaux conflits avec "Bataille de l'Alma" (1855), "Prise de Malakoff" (1858) et "Combat dans les rues de Magenta" (1861). Le succès des "Deux Amis" (1861) lui vaut le grade d'officier de la Légion d'honneur.
Dans ses dernières années, il revient à sa passion première avec "Épisode de la retraite de Russie" (1863) et "Les Cuirassiers de Waterloo" (1865). Son testament artistique, "La Garde meurt" (1866), est achevé la veille de sa disparition. Il laisse un corpus exceptionnel de plus de 120 toiles et 800 lithographies, témoignage unique de son époque guerrière.