Élevé par sa mère Anne Czapnik qui encourage son talent précoce, il commence sa formation artistique dans sa ville natale aux côtés de Zygmunt Landau avant de parfaire ses études à Munich jusqu'en 1910. Une première visite parisienne en 1912 le voit participer à la création de la revue "Machmadim", consacrée à l'art juif, collaboration avec Pinchus Krémègne, Léon Indenbaum et Isaac Lichtenstein qui témoigne de son engagement communautaire.
Après son service militaire dans l'armée polonaise, il s'installe définitivement à La Ruche en 1913, foyer artistique cosmopolite où il noue des amitiés déterminantes avec Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine et Pinchus Krémègne. Parallèlement, il fréquente l'Académie de la Grande Chaumière, complétant sa formation technique.
Sa reconnaissance s'affirme grâce au commissaire de police et collectionneur Léon Zamaron qui le distingue particulièrement. Cette caution influence Jonas Netter, autre collectionneur important, qui intègre également Epstein dans ses acquisitions, établissant sa réputation sur le marché de l'art.
Son mariage avec Suzanne Dorignac l'intègre dans une famille artistique influente : il devient beau-frère du peintre André Hébuterne et des sculpteurs Marcel Damboise et Louis Dideron. À partir de 1930, soutenu par son mécène le docteur Gilles, il effectue de fructueux séjours bretons et marseillais, peignant sur le motif dans le Vieux-Port.
En 1938, l'acquisition d'une maison à Épernon marque une période d'épanouissement brutalement interrompue. Arrêté par la Gestapo probablement suite à une dénonciation, il transite par la maison d'arrêt de Chartres le 23 février 1944, puis par Drancy avant d'être déporté le 7 mars par le convoi n° 69 vers Auschwitz où il trouve la mort, ajoutant son nom à la tragique liste des artistes victimes de la Shoah.