Bénéficiant des conseils d'Émile Othon Friesz et d'Yves Brayer à l'Académie de la Grande Chaumière en 1940, il intègre l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1942. Sa précocité artistique lui vaut des expositions personnelles avant ses vingt ans chez Katia Granoff puis à la galerie Cardo.
En 1951, le prix de la Société des collectionneurs et amateurs d'art récompense ce "lauréat de moins de trente ans". Claude Roger-Marx souligne alors "l'atmosphère de déguisement qui lui est chère" et "la sourde truculence qu'il donne aux fonds opaques où chantent avec distinction des gris froids, des verts, des carmins et des safrans".
Waldemar George observe dans les années 1950 son évolution depuis un "style réaliste qui rejoint parfois le populisme" vers un art où "portraits, paysages, compositions et natures mortes s'imposent par la vie intense de la matière". Cette maturation technique n'altère pas sa vision fondamentale.
Gérald Schurr, quarante ans plus tard, identifie la constance de son univers : "une campagne triste peuplée d'êtres pitoyables, à mi-chemin entre le drame et la dérision, un univers truculent sauvé du tragique par un humour grinçant". Yvon Taillandier le qualifie de "peintre de la nostalgie" évoquant une époque révolue (1850-1900) par ses sujets et sa technique.
Installé place Pigalle, il développe un style unique mêlant influences de Soutine (effets de matière), Degas et Toulouse-Lautrec (mise en page). Jacques Chirac salue en lui "l'un des plus grands artistes de Paris" dans la tradition d'Utrillo, Marquet et Dufy, créateur d'un "Paris hors-du-temps" peuplé de "petits métiers, mécanos et grisettes".
Son œuvre explore un univers tragi-comique où se côtoient personnages anonymes et saltimbanques, "marchand de merveilleux" selon René Domergue, capable de teinter d'humour noir ses scènes d'enterrements. Cette vision expressionniste de la condition humaine fait de lui une figure singulière de l'École de Paris d'après-guerre.
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